Le sport d’endurance au service de l’insuffisance cardiaque

Les sports d’endurance améliorent les performances des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique

L’insuffisance cardiaque est une maladie grave qui, à un stade avancé, entraîne des symptômes sévères et menace la vie des personnes touchées.

Rien qu’en Allemagne, plus de 363 000 patients atteints d’insuffisance cardiaque ont été admis à l’hôpital en 2009 ; environ 49 000 d’entre eux sont morts d’une insuffisance cardiaque.

Les symptômes typiques de l’insuffisance cardiaque sont l’essoufflement pendant l’effort physique et la fatigue rapide – des symptômes qui peuvent également se produire avec d’autres maladies, ce qui peut retarder le diagnostic correct.

Parmi les causes de la diminution des performances en cas d’insuffisance cardiaque chronique avancée, on compte non seulement la réduction de la capacité de pompage du ventricule gauche, mais aussi les modifications du muscle squelettique, qui peuvent entraîner une réduction de la masse musculaire (atrophie du muscle squelettique) et une perte de poids.

Cette atrophie des muscles squelettiques, qui limite en outre la capacité physique de la personne affectée et est donc souvent une raison de la nécessité de soins chez les patients âgés, peut être favorablement influencée par l’entraînement physique.

C’est ce que rapporte le cardiologue PD Dr. med. Stephan Gielen, directeur adjoint de la clinique universitaire et de la polyclinique de médecine interne III /Cardiologie de l’hôpital universitaire de Halle (Saale) dans la revue spécialisée Circulation (2012, volume 125, pages 2716-2727).

Ses travaux de recherche ont récemment été récompensés par le prix Wilhelm P. Winterstein, doté de 10 000 euros.

Les bienfaits de l’endurance

120 participants ont pris part à l’étude : 60 patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique et 60 volontaires sains.

Deux groupes d’âge ont été sélectionnés pour étudier les effets liés à l’âge : « Les participants de 55 ans ou moins » et « les participants de 65 ans ou plus ».

Ceux-ci ont ensuite été répartis au hasard entre deux groupes de traitement (quatre semaines dans un programme d’entraînement d’endurance contrôlé ou un groupe de contrôle).

Le Dr Gielen et ses collègues ont étudié des processus de dégradation métabolique très spécifiques des protéines musculaires qui sont responsables de la dégradation des muscles squelettiques en cas d’insuffisance cardiaque.

Leur intérêt s’est porté sur l’activation d’une voie de dégradation cruciale des protéines musculaires, le système ubiquitine-protéasome (UPS), dans des échantillons de tissus du muscle de la cuisse de patients souffrant d’insuffisance cardiaque et de sujets témoins sains.

Il est remarquable qu’une activation de l’UPS dans le muscle squelettique ait été trouvée chez des patients souffrant d’insuffisance cardiaque, quel que soit leur âge.

En outre, l’enzyme clé MuRF-1 a été trouvée dans les échantillons de tissus en quantité nettement plus importante. MuRF-1 sert à marquer les protéines défectueuses dans la cellule, qui sont ensuite dégradées dans le protéasome (qui agit comme une sorte de poubelle pour les protéines attaquées).

Pendant les quatre semaines du programme d’entraînement d’endurance, la quantité de MuRF-1 dans le muscle squelettique des patients souffrant d’insuffisance cardiaque a été ramenée à des niveaux normaux.

Conclusion de l’étude

L’entraînement à l’endurance physique bloque l’activation de l’ubiquitine-protéasome et améliore donc efficacement les performances physiques en cas d’insuffisance cardiaque chronique, quel que soit l’âge.

Selon les chercheurs, la détermination de cette voie d’activation moléculaire pourrait ouvrir des perspectives prometteuses pour le développement de nouvelles thérapies médicamenteuses pour la prévention de la perte musculaire en cas d’insuffisance cardiaque chronique.

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